INTO THE WILD : "Le bonheur est fait pour être partagé".
D'accord mais pas à beaucoup sinon il n'en reste pas grand chose. Oui je suis un solitaire. Absolument. Mais à deux, trois, quatre, cinq ou six. Avec un chien-loup, un lynx et un polatouche. Dans une cabane, une grotte, un terrier ou un arbre. Immense. Le résultat d'une fusion de deux troncs épais. Des branches grosses comme un couple enlacé. La protection du vent, de la neige, du blizzard. De quoi dormir ensemble et se raconter des histoires vieilles comme lui. Parce qu'il est vieux. Parce qu'il est né avec le monde qu'il garde et qu'il regarde du haut de ses cimes. Et il nous conte l'histoire de ces innombrables êtres qu'il a vu vivre entre ses racines. Vivre. Comme on le sent, comme on le rêve et comme ça vient. Ne plus avoir peur. De l'inconnu, des autres. Vous m'apprendrez. Ou tu m'apprendras. Ça dépendra de certaines choses. Pouvoir faire des choses insensées. Mesurer la longueur de son pied avec une brindille, faire des dessins dans la neige avec ses cheveux, courir les bras tendus et la tête en l'air en riant aux éclats sans savoir pourquoi. Faire la course avec un écureuil pour monter à un arbre. Chanter des sons. Faire grincer une boule de neige en la serrant très fort. Dormir le jour. Manger la nuit. Ne plus dormir. Effleurer une hanche le plus rapidement possible. Faire des courses de doigts sur un bras. Le premier qui arrive à la tête a un bisou. Lancer plein de boules de neige et essayer de les avaler. Vivre sans se demander pourquoi. On n'aura pas la réponse de toute façon. Accepter le pas normal et l'incompréhensible.
Attends-moi. J'ai pas fini, je reviens peut-être demain. Je ne finirais peut-être jamais.
Tant mieux après tout.
Bon voyage chez le faiseur de rêves.
Bonjour. Ou bonsoir. Était-ce plaisant ? Je l'espère de tout c½ur, sincèrement.
Mais reprenons.
J'avais oublié le plus important et le plus difficile pour moi. Ne plus avoir peur inutilement. Et ne pas ignorer le "inutilement". Surtout.
Je suis revenu plus tard que je ne l'espérais. 2 semaines, peut-être plus, peut-être moins. Je n'avais pas le c½ur à mettre en mots mon mal être, ma dépression, mon ressenti émotionnel, mes pensées, mes désirs, ma vision des choses, ma prise de conscience, mon point de vue. Appelle cela comme tu le souhaites. C'était une brume confuse dans ma tête et dimanche soir, cela s'est un peu adouci. Mais le brouillard n'est devenu qu'un tantinet moins dense, trop flou encore. Je ne sais toujours pas si c'est réel ou seulement une manifestation de mythomanie, ou encore une tentative désespérée de me persuader de mon originalité. Ou bien simplement de la jalousie. Cela dit, un petit animal a timidement pointé le bout de son museau durant l'hiver dernier. Quelque chose de tout nouveau pour moi. Certains me diront que c'est à l'encontre de nombreux principes démontrés et approuvés scientifiquement et je ne les contredirais pas. Mais je répondrai que certains chats adorent se baigner, nager, alors que ce n'est absolument pas nécessaire à la survie de l'espèce. C'est le même principe pour moi, à la seule différence que le plaisir du chat illustre une passion bien plus intense. Enfin, je crois. Et je ne sais pas si j'espère. Mais voila, encore une justification pour moi-même, qui aboutit finalement à bien peu de satisfaction ou de décision. C'est pour cela que j'aimerais tant en parler avec toi, ou avec quelqu'un qui me comprend de la même manière, ou presque. Si si, il y en a une autre et peut-être un. Mais je n'ai ni le temps connaissant ma lenteur à m'exprimer de ces choses-là, ni le courage de me lancer.
Je quitte de nouveau mon petit coin à moi tout seul que tous peuvent voir. Et de nouveau, je t'assure que je reviens bientôt. Rendez-vous je ne sais quand.
Me voilà. De nouveau. Longtemps après mes modestes estimations. Et heureux. Très heureux. Comblé, léger, serein, et tous les qualificatifs du même genre. Le petit animal s'est retiré sous terre, dans son terrier. Pour me laisser profiter pleinement de ces douces journées. Je l'en remercie. Il a été sympa sur ce coup. Sympa d'arrêter de mordiller mon esprit constamment, avec ses petites dents insistantes. Sympa de laisser la place à l'immense entité qui a toujours été là. Bof, c'est peut-être pas le bon terme. Tant pis, tu me comprends. Mais il n'a pas disparu. Il a simplement pris place au deuxième plan. Et il attend, tout rempli qu'il le peut de sagesse, que son temps soit revenu. Il reviendra. Seulement, pas tout de suite. Il faudra que je lui parle. Que je lui demande s'il est bien réel, ou alors juste une banale rationalisation d'une sensation quelconque, de manque, d'envie, ou de désespoir. Que je le comprenne, que je l'assimile. Merci, petit bout de moi, de t'être éteint pour un moment. De tout c½ur. Ne t'inquiète pas, il n'est pas menaçant, quel que soit le sens que tu donne à ce mot. Je t'en pris, il n'y a pas de jalousie à éprouver envers lui, vraiment. Et si l'idée ne t'avait pas effleuré, tant mieux. Elle n'a pas lieu d'être.
Je ne sais pas si j'ai réalisé. Je pense que ça vient petit à petit. Une vague que je vois se former, les pieds enfoncés dans le doux sable humide, jouissant de cette simple sensation. Toucher et vue. Je m'élance et me plonge dans la vague. Plaisir et tendresse m'enveloppent alors. Mais la plage est archi-comble. De nombreuses heures interminables passent devant moi et me soulèvent, me ramènent sur le sable, me privant de la vue de cette vague, et de son contact. Durant ces longs moments, je me sens terriblement seul. Mais cette sensation atroce de vide me « réjouit ». Elle me montre à quel point je désire être avec toi. Etre emporté par cette puissance. Pris dans ce tourbillon, me sentir ballotté dans tous les sens et ne plus savoir ou je suis. Seulement ta présence autour de moi, je ne perçois rien d'autre. Je pense que c'est la bonne image. J'ai pas envie de percevoir autre chose dans ces moments-là. C'est sans doute pour cette raison que je ferme les yeux. Avant, je me demandais pourquoi les personnes qui s'embrassent fermaient les yeux. Ben ça y est j'ai compris. Et j'ai compris pourquoi je comprenais pas. Je connaissais pas. Tout simplement. Et tant que je ne connaissais pas, il était ridicule de penser comprendre. Se laisser envahir. Totalement. Et ne pas résister à cette vague de pur bonheur. Se laisser submerger. Oui. Je pense que c'est la bonne image. Je voudrais être pris dans cette vague sans m'arrêter. Je veux être pris dans cette vague sans m'arrêter. Je t'aime aussi. De tous les pétales de marguerites du monde, surtout deux avant-derniers. Je vais revenir encore une fois. Bonne journée. Et bonne nuit.